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Mort d'Hichem Miraoui: message raciste du suspect versé au dossier
information fournie par AFP 11/03/2026 à 10:37

Un portrait d'Hichem Miraoui, Tunisien victime d'un assassinat raciste, et appel à une marche blanche en sa mémoire, apposés sur la devanture du salon de coiffure où il travaillait à Puget-sur-Argens, dans le Var, le 3 juin 2025 ( AFP / Viken KANTARCI )

Un portrait d'Hichem Miraoui, Tunisien victime d'un assassinat raciste, et appel à une marche blanche en sa mémoire, apposés sur la devanture du salon de coiffure où il travaillait à Puget-sur-Argens, dans le Var, le 3 juin 2025 ( AFP / Viken KANTARCI )

"J'viens de niquer du bicot": ce message sur le répondeur de son neveu juste après l'assassinat d'Hichem Miraoui, Tunisien abattu à Puget-sur-Argens (Var) en mai, égratigne la défense de Christophe B., mis en cause qui réfute pourtant tout racisme.

"J'veux qu'la France se réveille", ajoute encore dans ce message, dont l'AFP a eu connaissance mercredi, celui qui est poursuivi par le Parquet national antiterroriste (Pnat) pour un meurtre inspiré par les idées d'ultradroite, une première.

Le Français de 54 ans, en détention provisoire, est mis en examen depuis juin 2025 pour un assassinat et cinq tentatives d'assassinat en raison d'une "appartenance" à "une prétendue race ou religion déterminée".

Hichem Miraoui, 46 ans, un de ses voisins, était Tunisien. Dans les autres cibles du 31 mai 2025 du suspect, Akif B., blessé à la main, et Halil Ibrahim T., sont Kurdes, tandis que les trois membres d'une même famille, Brahima S., Adjara Béthy K. et Mohamed S., ont des racines en Côte d'Ivoire.

"On ne peut plus rien dire sans être (traité de) raciste", s'est défendu le quinquagénaire dans un récent interrogatoire, comme l'a rapporté BFMTV.

"Revendiquer, juste après avoir tiré sur un homme, avoir tiré sur le +bicot+ n'est pas une formule neutre: c'est un terme historiquement chargé de mépris et de racisme", commente pour l'AFP Mourad Battikh, avocat de la famille de la victime.

- "Violence supplémentaire" -

"Ces propos sont une violence supplémentaire" pour l'entourage du défunt, "éclairent d'un jour particulièrement sombre les motivations possibles de l'auteur" et "devront naturellement être appréciés avec la plus grande rigueur par l'autorité judiciaire", déroule l'avocat.

Le message laissé à son neveu résonne avec les vidéos déjà connues que Christophe B. a postées sur ses réseaux sociaux juste avant de passer à l'acte -"ce soir on dit stop aux islamiques de mes deux", "je vais faire un petit carton"- ou juste après: "mon âme vaut plus que ces putains de bicots".

Ce sont ces messages -"tenez vous à carreau les bicots parce que des mecs comme moi il va y en avoir plein"- de nature à susciter la terreur et troubler l'ordre public, qui ont conduit le Pnat à se saisir. Christophe B., en interrogatoire, a nié vouloir "troubler" son "pays", "bien au contraire".

Marche blanche à Marseille après l'assassinat raciste d'Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens, dans le Var, le 8 juin 2025 ( AFP / Christophe SIMON )

Marche blanche à Marseille après l'assassinat raciste d'Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens, dans le Var, le 8 juin 2025 ( AFP / Christophe SIMON )

Le mis en examen, qui dit regretter ses actes, ne les explique pas, avance des "incivilités" latentes dans son quartier ou son alcoolémie ce soir-là, et assure ne plus se souvenir de tout.

David Andic, avocat des deux Kurdes, balaye auprès de l'AFP "la thèse d'une simple querelle de voisinage", qui "ne résiste pas aux faits". "Le message envoyé immédiatement après les tirs confirme l'état d'esprit de son auteur", avec "un terme raciste et déshumanisant pour désigner la victime, tout juste assassinée", poursuit-il.

Lors d'un récent interrogatoire dont l'AFP a eu écho, Christophe B. a été mis face à ses contradictions, s'agaçant avant d'écourter les débats.

- Plus de 1.000 cartouches -

Lors d'une précédente audition, le mis en cause, qui vivotait de petits boulots de restauration sur les foires avec sa femme, avait dit s'en être pris le 31 mai à ceux qui l'avaient le plus "emmerdé ces derniers temps". Pourtant, on lui fait remarquer qu'il assure à peine connaître Akif B. et Halil Ibrahim T. "C'est un groupe, je suis incapable de les différencier", lâche-t-il alors.

Christophe B. précise aussi qu'il n'a pas ouvert le feu sur les forces de l'ordre venues l'arrêter car il ne peut "pas tirer" sur des "compatriotes, ce n'est pas possible".

Est-il possible de tirer sur ceux qui ne seraient pas ses compatriotes, lui demande-t-on ? Le mis en cause avance alors une difficulté à exprimer ces idées, parlant à peu de personnes depuis qu'il est en détention.

Christophe B. était sorti ce soir-là avec quatre armes à feu et plus de 1.000 cartouches dans sa voiture, arsenal que cet adepte des stands de tir possédait légalement. Douze impacts ont été dénombrés sur le corps d'Hichem Miraoui.

Sollicité par l'AFP, Réda Ghilaci, avocat du suspect, n'a pas donné suite.

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